L'hiver s'en vient
Je n'aime pas particulièrement l'hiver et je déteste avoir froid. Mais je songe de plus en plus à pratiquer une activité hivernale, justement afin de trouver la saison un peu moins longue. J'aimerais bien essayer le ski alpin, mais... j'ai la trouille.
Au secondaire, je choisissais toujours les mêmes activités pour la sortie sportive annuelle au centre de ski, soit la glissade en tube ou rester à la maison. En secondaire III, j'ai décidé de faire changement. Deux amies de classe, adeptes de la planche à neige, avaient décidé de m'initier.
Dans l'avant-midi, ceux qui n'avaient jamais mis les pieds sur un snow devaient se rendre sur la piste école, où des instructeurs montraient les techniques de base. Après un peu plus d'une heure, je n'étais toujours pas en mesure de descendre ET de rester debout sur ma planche en même temps... Voyant ce grand exploit, les filles m'ont dit : " Viens dans les pentes, c'est là que tu vas apprendre" et moi, convaincue de la justesse de leur analyse, je les ai suivies dans le monte-pente. Elles m'ont amenée dans une piste facile et m'ont réexpliquée la base... Me voilà partie!
Hé oui, je tenais debout sur ma planche pour la première fois de la journée. Wow, j'avais presque du style, mais tout d'un coup, tout s'est mis à aller trop vite. Beaucoup trop vite. Tout ce que j'entendais, c'est les filles me crier : "Break!!!Breaaaaaaaaaak! Tu vas trop vite. Lèeeeeeeeeeeve tes orteils". Ce qui devait arriver, arriva : ma planche a mordu dans la neige.
....
J'ai rouvert les yeux, un peu plus loin, couchée sur le ventre, plus de planche aux pieds, plus de tuque et plus de lunettes (je portais de magnifiques lunettes à cette époque), après avoir apparemment fait quelques culbutes. Et j'étais mêlée... ben ben mêlée. Je ne savais pas où j'étais, pourquoi j'y étais, je reconnaissais à peine tous les gens qui m'entouraient et je ne comprenais toujours pas ce qui venait de se produire. Les filles sont venues me rejoindre et elles paniquaient un peu. Moi, je prenais ça cool, jusqu'au temps où mon prof de français arrivent sur ses skis.
- Non mais tu saignes, tu saignes! Qu'est-ce qui viens de se passer?
Dernière chose à dire à quelqu'un qui a la mémoire un peu floue et qui fait une commotion cérébrale. Alors moi, encore relativement calme, j'enlève ma mitaine, je mets ma main sur mon visage et je la regarde : elle est PLEINE DE SANG. Là, je me suis à paniquer, à beaucoup paniquer. Finalement, on m'a descendue en bas de la pente en motoneige, une partie du visage en sang. Ils m'ont installée au chalet, le temps que ma mère vienne me chercher pour qu'elle m'amène à l'hôpital. (J'imagine que si j'avais été à l'article de la mort, ils m'y auraient conduite eux-mêmes...) Alors assise pas très confortablement sur un banc de bois avec les filles, je reprends mon calme. Et là, une femme se pointe.
-Qu'est-ce qui s'est passé?
- Elle a eu un accident de snow. (Apparemment, lors d'un accident, on ne laisse pas répondre la personne concernée)
- Oh, et elle est rentrée dans un arbre?
- Non, elle est tombée en snow.
- Ok, elle est tombée et ensuite, elle est rentrée dans un arbre?
- Non, elle est JUSTE tombée en snow.
- ... ??? ... Mais l'arbre?
- Y'EN A PAS D'ARBRE MADAME, ai-je fini par lui répondre...
Je ne sais quelle tronche j'avais, mais sûrement celle de quelqu'un qui venait de rentrer dans un arbre. La conclusion de l'histoire : j'ai fait une petite commotion et je me suis promenée pendant plus d'un mois dans mon école secondaire avec une énorme blessure sous mon oeil et sur ma joue droite. La honte quand tu as 15 ans...
Alors voyez-vous, c'est pour ça que j'hésite à essayer le ski... ;)